Vendredi le 19 mars on m’a appris que j’avais un cancer du
poumon. Si la nouvelle n’était certes pas très agréable, je
décidais de suite de contre-attaquer. Ne pas se laisser atterrir.
L’abattement n’est pas de mise. Si jamais il y a foudre, elle ne
sera pas pour tout de suite.
La première semaine de familiarisation avec cette nouvelle
situation était remplie de beaucoup de doutes, d’angoisses,
d’insécurité, de soucis ; des sentiments qui vont rester
pendant les semaines et mois à venir sans que je vais toutefois
leurs permettre de prendre possession de mon esprit.
Puisqu’il ya autre chose. Une remise en question générale de la
vie que j’ai menée les dernières années. Je me suis occupé de tout
et de tout le monde sauf de moi-même, et lorsque mon corps me
parlait, m’envoyait ci et là des signaux, je faisais mine de ne pas
entendre. Pas le temps. Demain. J’ai autre chose à faire. |
Sommes-nous assez attentifs, me suis-je demandé il y a trois
jours ? Attentifs à nous même et attentifs aux autres, à ceux
qui nous entourent tous les jours, à ceux que nous aimons ?
Attentifs aux petites choses de la vie? Nous nous laissons
tellement accaparer par des futilités de toutes sortes que nous
oublions de regarder autour de nous, d’entendre de sentir. Que
d’énergies gâchées !
Mon cancer m’aidera certainement à remettre les pendules à
l’heure. Il aura donc une certaine utilité. Grave qu’il faut
entamer un calvaire pareil afin de retrouver le vrai sens de la
vie. |